Quand la certitude de l’autre fait douter de soi.
Quelqu’un parle avec assurance : il affirme, il sait, il tranche.
Et vous, sans comprendre pourquoi, vous commencez à douter: de ce que vous dites, de ce que vous pensez, de ce que vous ressentez, et même de vos choix.
Alors qu’au départ, vous aviez le sentiment de savoir de quoi vous parliez.
Ce qui se joue vraiment
Face à quelqu’un de très sûr de lui, quelque chose s’active automatiquement, un réflexe inconscient :
vous perdez confiance en votre perception,
vous cherchez la validation à l’extérieur,
vous vous ajustez.
…et votre vérité passe au second plan.
Un réflexe appris dans l’enfance
Ce mécanisme se construit dès l’enfance.
Une parole très assurée peut être perçue inconsciemment comme celle d’une figure de savoir ou d’autorité, semblable à l’adulte qui “sait” et tranche.
Ce n’est pas tant ce qui est dit qui impressionne, mais la posture de certitude.
Enfant, contester un adulte, exprimer un désaccord ou une émotion pouvait être sanctionné, invalidé, ridiculisé ou rejeté.
Le corps a alors appris deux choses : contredire l’autorité est risqué,
et si elle n’est pas d’accord, c’est probablement moi qui me trompe.
Pour se protéger, l’enfant cesse de remettre l’autre en question et commence à douter de lui-même, de son ressenti et de sa perception.
L’autorité lui apprend ce qu’il est censé ressentir et ce qui est juste ou faux, sans toujours chercher à comprendre ce qu’il vit.
Peu à peu, la remise en question passe de l’extérieur à l’intérieur.
Ce déplacement laisse une trace durable : un schéma de pensée — « l’autre sait mieux que moi » — et un schéma de comportement — s’effacer, se taire, s’adapter pour éviter le conflit.
Une fois adulte, face à quelqu’un qui affirme avec aplomb, ces réflexes se réactivent :
on se sent alors moins légitime, petit ou peu crédible.
Non seulement par peur du conflit, mais aussi parce que le corps se souvient que, jadis, le problème semblait toujours venir de soi.
L’illusion de la certitude
Une affirmation assurée peut pourtant cacher bien des choses qui n’ont rien à voir avec le savoir:
- Une incapacité à être remis en question : toute divergence devient une menace pour l’image de soi ou pour la position occupée.
- Une posture de domination relationnelle : il ne s’agit plus d’échanger, mais d’imposer sa vision.
- Un verrouillage de l’échange : la discussion ne sert pas à confronter des points de vue pour mieux comprendre, mais à fermer le débat afin d’éviter toute contradiction.
- Une croyance rigide déguisée en vérité absolue: une opinion personnelle est présentée comme un fait incontestable.
- Un sentiment de supériorité : il repose sur une hiérarchisation implicite des points de vue, où le sien est jugé plus juste et celui de l’autre moins digne d’être pris en compte.
Ainsi, l’assurance peut impressionner, mais elle ne prouve rien quant à la véracité des propos.
Et l’incapacité à envisager une autre perception ou à en discuter pour chercher ce qui est le plus juste ne traduit pas une force intérieure, mais souvent un besoin de sécurité, de contrôle et de supériorité pour ne pas être confronté au doute.
Revenir à l’intérieur
Quand le doute apparaît, ne vous remettez pas en cause immédiatement.
Reveniez à ce que vous sentez. À ce qui est juste pour vous.
Une question simple peut aider :
« Qu’est-ce que moi, je ressens là, maintenant ? »
ou
« Est-ce vrai pour moi? »
Ou, face à l’autre :
« Qu’est-ce qui te fait dire que c’est la seule bonne façon ? »
Cela remet du mouvement et permet de vous remettre à votre place d’adulte.
En résumé
Si vous doutez de vous face à l’assurance de l’autre, ce n’est ni un manque de connaissance, ni un manque de légitimité. C’est un réflexe appris très tôt. Une façon de survivre face à des adultes perçus comme tout-puissants.
Ce schéma peut évoluer. Vous êtes en droit de questionner ce que vous ne comprenez pas.
L’autre donne un point de vue. Vous aussi.
L’assurance n’est pas une preuve de vérité!
Aujourd’hui, vous êtes un adulte face à un autre adulte.
Le véritable travail intérieur:
Le travail intérieur ne vise pas à supprimer ces mécanismes, mais à apprendre à les voir quand ils apparaissent, à ne plus les suivre aveuglément, et à retrouver une posture plus consciente et plus libre.
Avec le temps, ils s’atténuent. Ils peuvent encore surgir, mais ils ne prennent plus toute la place.
Envie d’aller plus loin ou d’être accompagné ?
Et vous, est-ce que le doute et le sentiment d’illégitmité apparaît quand l’autre affirme avec assurance?
Si ce réflexe est encore là, il peut évoluer.
Je vous propose une séance découverte offerte et sans engagement pour en parler, ci-dessous.
